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L’araignée (Souvenirs d’Octave)


A découvrir l’amour, je l’initiais un peu :
De ses quinze printemps j’étais respectueux,
J’avais un an de plus, et assez d’expérience
Pour ne pas brusquement blesser son innocence.

Afin de conjuguer le joli verbe aimer
Je lui donnais des cours, qu’elle semblait priser,
Où elle se montrait une élève assidue
Dont les progrès subits me laissaient éperdu !

Une active araignée, là-haut tissait sa toile
Pendant que nous pensions atteindre les étoiles,
Elle, à qui j’apprenais les degrés du plaisir
Et moi qui succombais humblement au désir…

Sous le toit du grenier, la chaleur de l’été
Faisait danser parfois, dans un rai de lumière,
Le mirage doré de ces grains de poussière
Qui donnaient aux baisers un goût d’éternité.



Marcek

Volupté au jardin

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Photo : Marcek


L’été ronfle
Bain de soleil dans le jardin
La belle appâte
Le bel apache à pattes
Ciel, herbe, terre
Plaisir solitaire?
Que nenni
Oh la douce guerre
En ses féminines
Etamines
Qui libèrent
Sous les coups de boutoir
(Oh, ce n’est pas un boudoir !)
Le pollen radieux
O ciel, o cieux
Même la nature nous fait la nique !


Marcek

23 janvier 2009 - 2 commentaires
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Dîner àTizzano

Par un neveu disert, affable s’il en fût
Nous étions invités et ne fûmes déçus,
Dans ce sublime hôtel, bâti au bord des flots
Qui battent les rochers, là-bas à Tizzano…

La lune, fin croissant, ornait le ciel d’été
De notre île, joyau de Méditerranée.
On se crut embarqués pour un très long voyage
Quand les grands coups de vent échappés du rivage

Entrèrent dans la pièce où nous étions assis,
Nous apportant des parfums d’iode et de maquis
Et les accents rêveurs de tendres mélopées
Souvenirs d’une Corse attachée au passé.

Le repas fut construit avec délicatesse,
La soupe de poissons fut pleine de promesses,
Les vins du Sartenais, à la robe rosée,
Coulèrent dans le verre emperlé de buée.

La moule accompagnait la fraîche langoustine
Dans un concert goûteux composé en cuisine
Et dont les harmonies enchantaient nos assiettes
Où les mets raffinés célébraient une fête,

Car le plaisir de l’œil n’était point négligé :
Des mains attentionnées devant nous, déposaient
Une assiette agencée comme un tableau de maître
Où le talent du chef inspiré faisait naître

Des reliefs étonnants, des parfums inédits,
Relançant l’intérêt, autant que l’appétit.
Le dessert arriva, qui fut la récompense.
Nougats et chocolats entrèrent dans la danse,

Tandis que devant moi, fut posée une nage
De fruits frais, décorés du délicat feuillage
D’un alkékenge mûr, qu’on nomme « amour en cage »,
Ou encor, physalis ! Choisissez le plus sage

De ces noms tentateurs qui chatouillent l’oreille,
Introduisent l’esprit au jardin des merveilles
Tandis que de la langue, et aussi du palais,
Vous comblez votre corps de sensualité !

Notre hôte s’éclipsa à la fin du repas.
Courtoisement discret, au plaisir, il laissa
Ses invités ravis, qui aujourd’hui s’enchantent
D’une hospitalité chaleureuse et charmante.




Marcek

Venin

taille-fine-copie.JPG


Photo : Marcek   (Bignonia et fourmi)

Sur cette soie tendue
Au soleil de l’été
Un bijou délicat
Est venu se poser
Un bijou de métal,
Taille fine élégante
Pique la chair offerte
Avec entêtement.
Le poison distillé
Dans la peau se répand
C’est un jour rose et bleu
De l’été triomphant
Où le venin s’infiltre
Insidieusement.



Marcek

19 octobre 2008 - 2 commentaires
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Le chiendent et la tomate (Fable)

Le chiendent et la tomate (Fable )



Rampant dans le jardin, le chiendent maléfique
 Lorgnait d’un oeil narquois une pomme d’amour
 Qui, gorgée de soleil, satinée , magnifique
 Rendait grâce à l’été à la fin d’un beau jour.
“Ne vous réjouissez, disait la sale bête
Je vivrai plus que vous ne pouvez l’espérer,
Je suis au plus haut point vivace, et tiendrai tête
 Au piocheur intrépide, au meilleur jardinier
Vous renaîtrez, c’est sûr, dit la belle en courroux
Mais pour mieux étouffer le sol, ô plante ingrate
Tandis qu’à petit feu, à bouillonnements doux
On confira ma chair virant à l’écarlate !
Je consens fièrement à mourir par le feu :
 De cet acte final on tirera substance,
L’homme se nourrira de mes sucs délicieux
Alors que pour son dos, vous n’êtes que souffrance.


Si l’on me sacrifie, ce n’est point par dépit
 C’est par admiration pour mon goût délectable,
 Il me plaît d’ honorer les ardents appétits
 Conviés au giron généreux d’une table.


Et l’on s’exclamera , me voyant rutiler
 Sur la pizza dorée, sur la pâte moelleuse,
 Associée au râpé que l’on fera filer
Dans un double plaisir qui me rendra heureuse ,


Tandis qu’au vent mauvais d’un jardin hivernal
 Dans le vent et le froid, et peut être la glace
Vous ramperez, sournois, et, ne songeant qu’au mal
Nourrirez vos bourgeons en attente vorace…


Toujours et sans répit on vous pourchassera
Un moderne poison à l’allure assassine
Sous des coups sans merci vous éradiquera
Tandis que je vivrai, reine de la cuisine !


Il en fut fait ainsi que le disait la belle
Le chiendent expira sous les coups du poison
Et l’on put cultiver sur la grande parcelle
 Mille pommes d’amour reines de la maison !



Marcek

ALEXANDRINE DOUILLARD (Une poire pour la soif)

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      Alexandrine Douillard ( une poire pour la soif )



      De toutes les grives mignonnes
      Que je fréquentais au printemps
      J’ai adoré Louise Bonne
      Son pied leste, ses jolies dents
      Dans le doyenné du Comice
      Je l’avais un jour courtisée
      Elle avait réveillé mes vices
      S’employant à les attiser

      Nous roulions en Packam Triumph
      Menant la vie à cent à l’heure
      Je la conduisais en triomphe
      Sur la grand route du bonheur
      Nos amours furent éphémères
      Pour Guyot elle me quitta
      Je trouvai la pilule amère
      Mais un autre amour arriva

      Ma Louise Bonne d’Avranches
      Ne fut plus qu’un fol souvenir
      Je pris aussitôt ma revanche
      Et s’éclaira mon avenir
      Avec la douce Alexandrine
      Douillard (ainsi l’appelait-on)
      Qu’elle était belle sa poitrine
      Ornée de si charmants tétons !
      Enfin bref, elle était divine

      Beurré Giffard en fut jaloux
      Quand je présentai la coquine
      Et qu’il tomba à ses genoux
      Le Général Leclerc lui-même
      En pinça pour ma dulcinée
      La saluant, il devint blême
      Et ce n’était pas du ciné !

      Mais il partit en conférence
      Jugez de mon soulagement
      S’il avait fallu, pour la France
      Obéir au commandement !
      Entre la poire et le fromage
      Au repas qui nous fut servi
      Je vis qu’il trouvait bien dommage
      Qu’Alexandrine eût le cœur pris !

      Nous déguerpîmes sans trompettes
      Ni tambours, après le dessert
      Je tenais trop à ma conquête
      Et je jouai la fille de l’air !
      Ah mon Dieu que la nuit fut douce
      De retour à notre logis
      Blotti dans les bras de la rousse
      Qui allait partager ma vie

      Nous allâmes chez le Notaire
      Lepin tous deux le lendemain
      Afin de traiter nos affaires
      Cœur à cœur et main dans la main
      Elle n’était pas une Marquise
      Je n’étais pas Louis Pasteur
      Mais je trouvais à ma promise
      Grandeur, dignité et douceur.
      Poire d’amour fut dégustée
      Mais je vous tairai par pudeur
      Au lit de la virginité
      Le grand éclat de nos bonheurs !


      MARCEK


      Alexandrine Douillard
      Louise Bonne d’Avranches
      Doyenné du Comice
      Packam Triumph
      Guyot
      Beurré Giffard
      Général Leclerc
      Conférence
      Notaire Lepin
      Marquise
      Louis Pasteur
      Poire d’Amour

      sont des variétés de poires

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